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webinaire  sur les opportunités de la transition vers une économie vert

Les opportunités de la transition verte à Marrakech-Safi

Les défis et opportunités de la transition vers une économie verte, pour la région de Marrakech-Safi ont été débattus, lors d'un webinaire organisé par le Centre régional de l'investissement (CRI).

Le CRI de Marrakech a organisé mardi 21 septembre la 4ème journée des Meeting days, qui a concerné cette fois-ci l’investissement écoresponsable.

Saïd Mouline, PDG de L’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), optimiste, affiche l’ambition du Maroc : « Nous passons d’un pays qui a été importateur d’énergie fossile à un pays qui va devenir, peut-être demain, exportateur d’énergie verte, chose à laquelle nous croyons et travaillons. »

Pour lui, changer de modèle est une nécessité : « Le tourisme, l’industrie, l’énergie, la mobilité et d’autres secteurs sont tous concernés par cette transition vers un modèle plus vert, non pas parce que c’est un effet de mode, mais parce que les clients le demandent, parce que ceux qui exportent devront se conformer aux nouvelles normes. »

On voit la taxe carbone se préparer aux frontières, l’industrie automobile se tourner vers l’électrique, l’aéronautique se mettre à l’hydrogène et le bâtiment devenir à énergie positive. Tous les secteurs sont en train de se transformer, c’est pour cela qu’on est dans un schéma où tout le monde est concerné », explique-t-il.

L’AMEE, « bras armé » de l’Etat pour mener la transition

Pour accompagner cette transition, le gouvernement compte sur l’AMEE, qui a connu des changements durant les dernières années. « On est passé de la tutelle du ministère de l’Energie à celle du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’économie verte et numérique. Si notre pays a pour la première fois un ministère, en charge de l’économie verte, c’est parce qu’il y a d’énormes potentialités, déclare-t-il.

« La mission de l’AMEE a énormément changé, car le décret stipule que le ministère est chargé de mettre en place, dans le cadre de la stratégie nationale du développement durable, le programme d’action nationale de transition vers une économie verte et de veiller en coordination avec les autorités gouvernementales et les organismes concernés à sa mise en œuvre », expose-t-il.

Il ajoute : « L’agence a aujourd’hui des missions qui sont dédiées à l’économie verte : la première d’entre elles est de produire propre dans l’industrie, d’économiser les intrants et de valoriser les déchets (l’économie circulaire). » 

Plus concrètement, « l’AMEE offre un accompagnement des industriels pour profiter des différents programmes que nous avons mis en place avec le ministère, avec Maroc PME et avec tous les CRI. Cela va non seulement aider les industriels à baisser leurs facture énergétique, mais aussi à profiter de subvention et de lignes de financement avec des banques partenaires ».

L’autre mission de l’AMEE, selon Saïd Mouline, est de « promouvoir l’efficacité énergétique dans le transport, le bâtiment, l’éclairage public, l’agriculture et d’autres secteurs. Parce qu’avant de penser à produire de l’énergie renouvelable, il faut arrêter de gaspiller. Là aussi un accompagnement est offert, avec un audit énergétique et un audit pour la décarbonation » .

La région de Marrakech-Safi regorge de potentialités

Plus spécifiquement pour la ville de Marrakech, il précise : « La mobilité électrique est un axe sur lequel nous travaillons dans la région de Marrakech. La priorité est donnée d’abord à l’infrastructure, en travaillant avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) et la plateforme de Benguerir sur les bornes de recharge électriques ».

Marrakech, avec son organisation de la COP 22, est une région tournée vers l’économie verte. On le voit avec les parcs éoliens de Sidi Kaouki. Le problème de la décharge de Marrakech, qui était l’un des points noirs de la ville, a pu être résolu. De plus, les eaux recyclées de la station d’épuration servent à l’irrigation des espaces verts et des terrains de golf », ajoute-t-il.

« Nous travaillons aussi sur le monitoring pour l’économie verte, en partenariat avec la fondation Mohammed VI, pour la protection de l’environnement, l’Institut marocain de normalisation (IMANOR) et les ministères de l’Énergie et de l’Industrie. Car il faut non seulement réduire notre bilan carbone, mais également le faire connaître au niveau international », poursuit-il.

Pour Saïd Mouline, la transition est un impératif: « Les emplois d’aujourd’hui, ou bien ils vont se verdir, ou bien demain, ils vont disparaître. Par exemple, quelques textiliens sont obligés d’avoir une part de recyclable dans leur matière première et cela en est de même dans l’emballage en bouteille ».

Mais il y aussi énormément d’opportunités à prendre dans l’économie circulaire, ou encore dans l’énergie renouvelable, qui est aujourd’hui l’énergie la moins chère », rappelle-t-il. L’énergie qu’utilise le groupe OCP est à 90% d’origine renouvelable. Il y a beaucoup de cas d’école qui fonctionnent très bien et constituent un modèle pour le reste de l’économie marocaine. »

Ghita Hanane, responsable Maroc de la Société financière internationale (IFC, groupe Banque mondiale), explique que « la région MENA présente un potentiel d’investissement pour la transition verte de l’ordre de 265 milliards de dollars, dont le tiers concerne la production d’énergie verte ».

Les deux autres tiers représentent des secteurs tels que « le bâtiment vert, le transport, l’efficacité énergétique industrielle, la transmission et la distribution d’électricité et les solutions de gestion des déchets ».

Fatima Zahra El Khalifa, directrice générale de Cluster Solaire, a dévoilé les principales missions de son organisation, qui se basent principalement sur la création d’une synergie entre le secteur privé et public, ainsi que la sensibilisation et l’accès à l’information sur l’énergie solaire, auprès des industriels.

Le cluster solaire œuvre également, sur le terrain, à la création d’une proximité entre les différents programmes gouvernementaux, au financement bancaire et à la mise en œuvre de l’énergie solaire dans sa partie technique.

Youssef Chaqor, DG de Kilimanjaro, pense pour sa part que «  la transition écologique n’est plus un luxe. Surtout avec le green deal européen, qui représente une énorme opportunité mais aussi un énorme risque pour l’économie et l’industrie marocaine ».

« Ce n’est pas exclusif à l’Europe, les Etats-Unis, des pays d’Asie et de grandes multinationales de prendre des engagements dans ce sens. La chaîne de valeur, les clients, les fournisseurs, les partenaires…Toutes les industries doivent adopter le prisme de la durabilité », conclut-il.

 

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